mai
16

Les ivoires gothiques

Diptyque en deux registres, l'Annonciation (haut gauche), l'entrée dans Jérusalem (bas gauche), la Nativité (haut droit), la Crucifixion. - France, fin XIVe siècle - Schwerin, Staatliches Museum Schwerin - © Staatliches Museum Schwerin. Photograph Gabriele Bröcker.

Le projet « Ivoires gothiques » lancé en 2008 par le Courtauld Institute of Arts (Angleterre) consiste en un recensement des pièces en ivoire datées du début du XIIe siècle à 1530 environ. Vous pouvez consulter cette base de données en ligne à l’adresse suivante : http://gothicivories.courtauld.ac.uk/

La production d’objets en ivoire à l’époque dite « gothique » est particulièrement florissante, notamment en France, et sont produites des oeuvres variées : statuettes, diptyques et triptyques sculptés, ou miroirs ont survécu presque intacts jusqu’à nos jours. Ces chefs-d’œuvre sont maintenant disséminés un peu partout en Europe et dans le monde.

L’entreprise de recensement faite par le Courtauld Institute est d’envergure et historique : en effet, la dernière recension date de 1924 (1300 objets avaient été recensés par Raymond Koechlin dans une somme en trois volumes : Les Ivoires gothiques français. Depuis, de nombreuses pièces ont refait surface dans les ventes privées, ou ont été identifiées dans des collections privées ou publiques. Un nouvel examen s’imposait donc. Le nombre de pièces recensées dépasse déjà 1500 occurrences.

Le visiteur curieux ou spécialiste retrouvera sur le site des informations très détaillées sur chaque objet, ainsi que de nombreuses photographies quand celles-ci ont pu être numérisées. Une bibliographie abondante est également fournie pour chaque objet, ce qui constitue un outil de premier choix pour les chercheurs. Un site à visiter pour travailler ou pour le plaisir des yeux.

 

 

Pyxide cylindrique. En haut : le voyage des rois mages, l'Annonciation aux bergers ; en bas : la Visitation, l'Annonciation, l'Adoration des mages et la Nativité. - Est de la France, v.1330 - Musée des Beaux-Arts de Dijon - © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photography: François Jay.

Valve de miroir, représentation du "Château d'Amour", scène courtoise. 95mm x 95mm - 2e moitié du XIVe siècle - © Walters Art Museum, Baltimore.

 

 

 

mai
01

Trésors fragiles

Détail de la Tapisserie de César (Tournai, vers 1470) : l’augure Spurinna et l’épouse de César, Calpurnia, devant les portes de Rome © Bernisches Historisches Museum, Berne. Photo : Stefan Rebsamen

À partir du 2 mai 2012, le Musée Historique de Berne présentera les fleurons de la collection du bas Moyen Âge dans la nouvelle exposition permanente « Trésors de guerre – L’art courtois à Berne (1250–1520) ». En même temps sera inauguré un projet intitulé « Trésors fragiles – La conservation des textiles de cour (2012– ) », grâce auquel le public pourra découvrir divers aspects du travail muséographique qui se passe en coulisses.

Les tapisseries flamandes du XVe siècle sont relativement bien conservées, car la plupart restèrent entreposées dans l’obscurité depuis leur acquisition par les Bernois jusqu’à la fondation du Musée Historique de Berne à la fin du XIXe siècle. Une fois le Musée créé, elles en sont devenues les pièces maîtresses : dans le bâtiment inauguré en 1894 dans le quartier Kirchenfeld, la hauteur du premier étage fut calculée en fonction de la hauteur des tentures, à l’instar d’un palais princier. Durant ces 120 dernières années, les tapisseries ont été exposées quasi en permanence, même à la lumière du jour, jusqu’en 1985.
La lumière, la poussière, les polluants et les mouvements détériorent les fibres textiles qui deviennent cassantes au fil des années. Une grande partie des textiles médiévaux parvenus jusqu’à nous étaient des produits de luxe destinés à un usage ponctuel : les soies fines du Proche-Orient ou de Byzance ornaient les habits de fête, les tapisseries étaient accrochées pour des occasions exceptionnelles, après quoi on les enroulait à nouveau et les rangeait dans le noir.
Dans les années 1950, on a renforcé les tapisseries exposées au Musée (jusqu’alors suspendues telles quelles) en appliquant des bandes de soutien à l’arrière. En 1996-1997, ces bandes ont été retirées de la tapisserie aux mille fleurs, de la tenture des trois Rois mages ainsi que de celle de Trajan et Archambault. Depuis, ces tapisseries sont présentées reposant sur un support légèrement incliné. Avant d’en faire de même pour les tapisseries de César, ces tentures doivent faire l’objet d’analyses. À cet effet, une des salles d’exposition du premier étage a été temporairement transformée en atelier, car c’est la seule pièce de tout le musée qui soit suffisamment grande pour qu’on puisse y étaler les tapisseries à plat. C’est ici que les conservatrices spécialisées en textiles anciens effectuent les travaux de documentation et de conservation sur les tapisseries de César, qui relatent l’histoire du souverain romain. Des activités que le public peut suivre en regardant par une vitrine. La section de l’exposition conjointe explique les tenants et aboutissants de ces travaux ainsi que les différentes étapes de la procédure à suivre. De plus, les conservatrices responsables des textiles répondront aux questions du public tous les vendredis à 14 heures.
Jakob Messerli, le directeur du Musée Historique de Berne, explique : « Les oeuvres d’art sont des ‘individus’. Elles ont leur propre biographie et souvent aussi leur propre ‘dossier médical’. C’est pourquoi la méthode de protection d’un objet doit se baser sur un examen approfondi de son état actuel. Ensuite on détermine la manière d’optimiser les conditions d’exposition dans le cas d’une présentation prolongée d’oeuvres , qui à l’origine étaient seulement destinées à un usage ponctuel. C’est un processus laborieux, onéreux et susceptible d’engendrer des conflits, qui exige des connaissances d’experts. Avec le projet de conservation public, nous voulons donc contribuer à une meilleure compréhension de cette démarche».

Pour en savoir plus : http://www.bhm.ch/fr/

 

 

 

Détail de la Tapisserie de César (Tournai, vers 1470) : Curion se bat avec les tribuns du peuple aux côtés de César © Bernisches Historisches Museum, Berne. Photo : Stefan Rebsamen

avr
30

Parution d’HIM thématique n°29 : le vin au Moyen Âge

En partenariat avec la Tour Jean sans peur, nous publions un numéro spécial sur le vin. En voici le sommaire complet pour vous allécher. Le dossier a été préparé par les membres du Groupe d’Archéologie Médiévale (EHESS). A consommer sans modération.

Exposition : le vin au Moyen Âge

Viticulture et vinification
Du vignoble au verre
Perrine Mane

Les vins « français »
Et le vignoble de la région parisienne
Mickaël Wilmart

Dans la vigne, tout est bon !
Perrine Mane

Le vin dans la médecine et la pharmacopée
Danièle Alexandre-Bidon

« À la trogne reconnaît-on l’ivrogne »
L’ivresse à l’époque médiévale
Danièle Alexandre-Bidon

Les tavernes des forestiers
François Michaud-Fréjaville

L’art et la manière de boire du vin
Danièle Alexandre-Bidon

Caves et celliers
Danièle Alexandre-Bidon, Perrine Mane

Tonneaux et tonnellerie
Danièle Alexandre-Bidon, Perrine Mane

La bataille des vins

La bière
Un vin d’orge ?
David Fleury

mar
30

Parution d’Histoire et Images Médiévales n°43

DOSSIER
LA HANSE

Les marchands du nord à la conquête de l’Europe
Alexandre Fuzeau
Puissante association de villes marchandes de l’Europe du Nord et de la mer Baltique, la Ligue hanséatique étendit son emprise commerciale, puis politique, sur l’Europe. Forte d’une flotte puissante et bénéficiaire d’immenses privilèges, elle favorisa le développement économique de nombreuses régions septentrionales et occidentales, ainsi que l’évangélisation de contrées orientales, liée en cela à la montée de l’ordre des Chevaliers Teutoniques. La Hanse, une des premières expériences « européennes » ?

Le cogue, un navire révolutionnaire
Alexandre Fuzeau
La puissance hanséatique trouve ses fondements dans sa flotte. Polyvalent, rapide, le cogue sillonne les mers européennes et fait transiter toutes les marchandises et denrées d’une ville à une autre. Des passionnés ont reconstitué un navire et retenté l’expérience maritime…

 

Archéologie
Famagouste et la cathédrale Saint-Nicolas

Nicolas Morelle
À travers l’étude des influences de l’architecture chypriote, nous découvrons la part importante de l’art gothique qui se développe dans l’ile. Cet article ne prétend pas être exhaustif sur un sujet déjà bien étudié, il met en lumière les héritages médiévaux dans une ville où la conservation du patrimoine est un enjeu politique.

Enquête
L’espace merveilleux dans la littérature arthurienne

Chloé Chamouton
S’il est bien un aspect qui caractérise la littérature arthurienne médiévale (du XIe au XVe siècle), c’est la notion de merveilleux, qui imprègne les romans dits de la Table Ronde. Car le Moyen Âge est le temps des prodiges.

Enquête
Le Livre des Merveilles de Gervais de Tilbury
Frédéric Wittner
Démons et merveilles, loups-garous, femmes-serpents, chevaliers fantômes et bien d’autres créatures fantastiques peuplent l’œuvre de Gervais de Tilbury. Invitation à l’amusement, son récit esquisse les frontières d’un monde entre réalité et imaginaire.

Zoom sur
La tradition magdaléenne en Provence

©Electa/Leemage

Maud Pellet-Bénazet
Depuis quelques années, le personnage de Marie-Madeleine a fait couler beaucoup d’encre. Qui est-elle ? La legata legatorum tel que la nomme Abélard ou la peccatrix ultime ? Les interrogations sur sa vie, voire sur la nature de sa relation avec Jésus subsistent.

Zoom sur
Les lieux de culte en Provence

Maud Pellet-Bénazet
En Provence, la tradition magdaléenne a marqué son emprunte  dans le paysage provençal. On en retrouve des traces dans des lieux parfois secrets.

Trésors enluminés
Le Pentateuque d’Ashburnham

Maud Pellet-Bénazet

Histoire de l’art
L’image des débuts du monachisme

Lazare Roux
Le monachisme chrétien débute dès le IIIe ou le IVe siècle de notre ère. Comment son image s’est-elle perpétuée jusqu’à nous ? Et pourquoi nous touche-t-elle encore autant de nos jours ?

Patrimoine
La Tour de Londres

Maer Taveira
Sur les bords de la Tamise se trouve le principal château de l’Angleterre. En réalité, il s’agit du bâtiment roman laïc le mieux conservé et un des plus connus au monde. Depuis presque un millénaire, la Tour de Londres domine non seulement le paysage de la city mais l’imaginaire du paysage politique anglais.

 

mar
05

Nicolas de Leyde, Sculpteur du XVe siècle

Le sculpteur Nicolas Gerhaert de Leyde (vers 1430 – 1473) est considéré comme l’un des artistes les plus importants de la fin du XVe siècle au Nord des Alpes, auteur d’innovations décisives tant sur le plan formel qu’iconographique.

NICOLAS DE LEYDE

Strasbourg – Musée de l’Oeuvre Notre-Dame
30 mars 2012 – 8 juillet 2012

Nicolas de Leyde - Autoportrait (?), v.1420.

La modernité des œuvres de Nicolas de Leyde, marquée en particulier par sa capacité à saisir les physionomies, lui ont valu de son vivant une notoriété exceptionnelle. Son rayonnement s’est surtout exercé dans le monde germanique, où il a influencé le développement des très célèbres sculpteurs que furent Veit Stoss, Michel Erhart ou Tilman Riemenschneider.

Né vraisemblablement vers 1430 à Leyde en Flandres, il est documenté pour la première fois à Strasbourg en 1462 et meurt à Vienne en 1473 où il avait été appelé au service de l’Empereur Frédéric III. Mais le nombre réduit des œuvres conservées et le peu de sources écrites, qui rendent difficile la connaissance de ses origines, de sa carrière et de son œuvre, expliquent que cet artiste soit quasiment inconnu du grand public.

Le parcours européen de Nicolas de Leyde comprend un séjour marquant à Strasbourg entre 1462 et 1467. Il y réalisa plusieurs ensembles conséquents, en particulier l’épitaphe du chanoine de Busnang dans la chapelle Saint-Jean de la cathédrale (datée 1464 et signée) et surtout le portail de la Chancellerie de la ville, bâtiment aujourd’hui disparu mais dont quelques fragments sculptés subsistent.

L’EXPOSITION
Cette première exposition monographique sur Nicolas de Leyde est réalisée en collaboration avec le musée du Liebieghaus Skulpturensammlung de Francfort (exposition du 27 octobre 2011 au 4 mars 2012). Elle présente une partie de l’œuvre sur bois et sur pierre de cet artiste, dont le Musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg conserve quatre bustes d’hommes en grès dont le très célèbre Homme accoudé mélancolique. Elle permet en particulier, de réunir les deux fragments encore existants du décor du portail de la Chancellerie de Strasbourg, la Tête d’homme barbu du Musée de l’Œuvre et son pendant la Tête de jeune femme conservée au Musée de Francfort.
Le parcours met en valeur le thème du buste accoudé, forme dans laquelle Nicolas de Leyde a particulièrement innové en introduisant une dimension psychologique rarement égalée par ses nombreux imitateurs. Il s’agit également d’évoquer l’influence décisive de l’œuvre de Nicolas de Leyde dans l’espace rhénan entre Bâle et Cologne, mais aussi dans l’Ouest et le Sud de l’Empire et jusqu’en Autriche, dans l’actuelle Slovaquie et les régions limitrophes.
L’exposition regroupe environ 70 œuvres de techniques et de supports variés provenant de collections publiques et privées européennes et américaines (Paris, Berlin, Amsterdam, New York et Chicago). Elle est présentée au sein même du Musée de l’Œuvre Notre-Dame, dont les espaces sont aménagés pour cette occasion. Un catalogue édité par les Musées de la Ville de Strasbourg est réalisé en collaboration avec le musée de Francfort.

 

 

LE MUSÉE DE L’ŒUVRE NOTRE-DAME.

Situé au pied de la cathédrale, le Musée de l’Œuvre Notre-Dame propose une promenade à la découverte de sept siècles d’art à Strasbourg et dans la région du Rhin supérieur. Ses riches collections médiévales et Renaissance témoignent du passé prestigieux de la ville, qui fut du XIIIe au XVIe siècle l’un des plus importants centre artistique de l’Empire germanique.
Les chefs d’œuvre de la statuaire provenant de la cathédrale – l’Église, la Synagogue ou le fameux Tentateur – y côtoient les plus beaux témoignages de l’art haut rhénan des XVe et XVIe siècles (sculptures de Nicolas Gerhaert de Leyde, peintures de Conrad Witz et Hans Baldung Grien, vitraux de Peter Hemmel d’Andlau). Ce parcours, synthèse de tous les arts, s’accomplit en harmonie avec le cadre architectural du musée : derrière les vénérables pignons de la maison de l’Œuvre Notre-Dame, affectée depuis le XIIIe siècle à l’administration du chantier de la cathédrale, les décors intérieurs, la fraîcheur des cours et le charmant jardinet gothique participent au sentiment d’intimité avec le passé strasbourgeois.

 

fév
27

Dents, dentistes et art dentaire

Dents, dentistes et art dentaire
Histoire, pratiques et représentations, Antiquité, Moyen Âge, Ancien Régime.

Université Paris 13 – Villetaneuse
Université Paris Ouest Nanterre
Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines

Jeudi 8 mars

Université Paris 13 Villetaneuse, Amphi Copernic

Matin : Mots, textes et traités

présidence : Professeur Danielle Jacquart (EPHE)

  • 9h30 Ouverture par le professeur Jean-Loup Salzmann (Président de l’université Paris 13)
  • 10h Pourquoi le diable grince-t-il des dents ? Aspects du bruxisme dans l’Antiquité, Antoine Pietrobelli (Université de Reims)
  • 10h30 « Franchir la barrière des dents » : dents et discours à l’époque classique, Evelyne Samama (ESR – Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
  • 11h15 L’odontologie dans la littérature médicale d’époque byzantine : héritage galénique et éléments originaux, Alessia Guardasole (CNRS)

11h45 Débats

Après-midi : Mots, textes et traités

présidence : Professeur Elisabeth Belmas (U. Paris 13)

  • 14h Les dents sont-elles des os ? « théories dentaires » dans le premier galénisme gréco-latin, Nicoletta Palmieri (Université de Reims)
  • 14h30 Les dents sont-elles des os ? « théories dentaires » à la fin du Moyen Âge, Danielle Jacquart (EPHE)
  • 15h La dentisterie arabe : du charlatanisme à la pratique experte, Joëlle Ricordel (UMR 7219)
  • 15h30 Vocabulaire et métaphores dentaires chez les lexicographes, XVIe-XVIIe siècles, Susan Baddeley (ESR – Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)
  • 16h15 Les observations cliniques de Pierre Fauchard dans le Traité des Dents (1728), modernité ?, Pierre Baron (Université Paris Descartes)
  • 16h45 La non-modernité de Pierre Fauchard ?, Colin Jones (Queen Mary College London)

17h15 Débat

Vendredi 9 mars

Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Maison René-Ginouvès, Archéologie et Ethnologie

Matin : Pathologies et thérapeutiques

présidence : Professeur John Scheid (Collège de France)

  • 9h15 Accueil par le professeur Pierre Rouillard (Vice-président de l’Université Paris Ouest et directeur de la MAE)
  • 9h30 Ô rage de dents, ô désespoir. Enquête sur la douleur dentaire à Rome, Philippe Mudry (Université de Lausanne)
  • 10h Soins des dents chez Celse et Scribonius Largus, Joëlle Jouanna-Bouchet (Université de Nancy)
  • 10h30 Soins des dents et poisons dans quelques écrits médicaux du Moyen Âge latin, Franck Collard (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
  • 11h15 Théâtre et Pont(-Neuf). Charlatans et arracheurs de dents à Paris, 1580-1625, Joël Coste (Université Paris Descartes, EPHE)
  • 11h45 Douleurs des dents : du vécu au commentaire. De Vésale à Fauchard, Micheline Ruel-Kellermann (Université Diderot, SFHAD)

12h15 Débats

Après-midi : Soins et cosmétique

présidence : Professeur Joël Coste (Paris Descartes, EPHE)

  • 14h30 Les soins dentaires dans l’Égypte ancienne, Thierry Bardinet (Dr. chir. dentaire)
  • 15h L’apport de la paléopathologie à la connaissance de la santé bucco-dentaire des  populations anciennes, Olivier Dutour (EPHE)
  • 15h30 Etude historique et archéologique des dents de Louis XI, Xavier Riaud (Centre François Viète, Académie de chir. dentaire)
  • 16h15 Une dent contre elle : l’iconographie du martyre et du personnage de sainte Apolline à la fin du Moyen Âge, Véronique Boucherat (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
  • 16h45 Dents et soins dentaires dans la peinture néerlandaise du XVIIe siècle, Catherine Véron Issad (HiCSA – Hôtel-Dieu)

17h15 Débats

Samedi 10 mars

Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, Bibliothèque Universitaire

Matin : Vers une esthétique dentaire ?

présidence : Professeur Bruno Laurioux (UVSQ)

  • 10h00 Soins et cosmétique de la bouche au Moyen âge, Laurence Moulinier (Université Lumière Lyon 2)
  • 10h30 Mythologies odontologiques : les dents des rois de France, XVIe-XVIIIe siècle, Stanis Perez (CrESC)
  • 11h Pourquoi se brosser les dents ? Soins dentaires au XVIe et XVIIe siècle, Bertha Gutiérrez Rodilla (Université de Salamanque)
  • 11h30 Rictus, sourires, cris : les dents dans la peinture chez Caravage et les Caravagesques, Guillaume Kientz (Musée du Louvre)
  • 12h « Cachez ces dents que je ne saurais voir » : le débat sur la bouche ouverte des figures peintes et sculptées autour du Laocoon de Lessing (1766), Étienne Jollet (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

12h30 Débats et conclusions par le professeur Philippe Mudry

Contact
  • Nicolas Boileau
    courriel :contact-esr@uvsq.fr

    Laboratoire ESR
    47 boulevard Vauban
    78047 Guyancourt cedex

 

fév
25

1 000 ans d’inhumations dans l’église de Gonesse

Dans l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Gonesse, dans le Val d’Oise, le projet d’installation d’un nouveau système de chauffage par le sol a conduit l’Inrap à mener, en 2011, la première phase d’une fouille, qui sera suivie d’une seconde phase en 2012. L’édifice, monument historique depuis 1862, a été construit entre la fin du XIIe et la fin du XIIIe siècle à la place d’une église romane. L’intervention des archéologues a permis d’en identifier des vestiges et d’exhumer de nombreuses tombes issues d’une nécropole en usage entre la fin du VIe siècle et le XVe siècle. Ces découvertes permettent de mieux cerner l’origine et l’évolution de l’église et de connaître la population inhumée durant le Moyen Âge.

Une architecture inspirée de grands modèles

À l’exception des maigres vestiges encore en place à la base et au premier étage du clocher actuel, les traces de l’église romane sont inexistantes. À la fin du XIe siècle, elle est donnée par Hervé de Montmorency à l’abbaye Saint-Florent de Saumur (Val de Loire). Elle est reconstruite et agrandie entre 1177 et la fin du XIIIe siècle, formant une unité architecturale caractéristique du début du gothique. Fortifiée au cours du XIVe siècle, alors que Gonesse se protège derrière des remparts, son architecture s’inspire des grands édifices voisins comme l’abbatiale de Saint-Denis, Notre-Dame de Paris ou la collégiale de Mantes. Ses voûtes, peut-être sur croisées d’ogives à l’origine, se seraient écroulées au cours du XVIe siècle et auraient été remplacées par une charpente apparente, notamment dans la nef centrale.

Sépultures dans la partie est du chœur. Dans celle de gauche (XIII-XIVe siècles) de nombreux fragments de tissus ont été découverts ; celle de droite est mérovingienne. © Denis Gliksman, Inrap

Vue de la fouille dans la partie est du chœur. © Denis Gliksman, Inrap

Une histoire architecturale complexe

Vue générale de la nef de l’église avec au premier plan les zones de fouille dans le chœur - © Denis Gliksman, Inrap

La première phase de fouille n’a fourni que des informations succinctes sur l’histoire architecturale du bâtiment : fondation du chœur, avec un double mur bahut, négatif d’un dallage antérieur au dallage actuel, posé dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, deux maçonneries fondées sur d’immenses creusements comblés avec de gros blocs et des dalles de pierre (calcaire ou grès) et par deux meules de plus d’un mètre de diamètre. La fonction et la datation de ces creusements n’ont pu être déterminées, mais la seconde phase de fouille devrait permettre de les mettre au jour intégralement. De même, l’étude des maçonneries, dont on ne sait encore si elles se rattachent à l’église romane (XIe-XIIe siècles) ou gothique (fin du XIIe-XIIIe siècles), fournira des données intéressantes sur un plan d’aménagement dont aucune trace n’a été trouvée en archives.

Le plan d’un édifice antérieur au XIIe siècle, entraperçu sous la forme d’un mur imposant de deux mètres de largeur et parallèle à la façade ouest, sera également étudié en 2012.
Une nécropole utilisée dès la période mérovingienne.

Détail d’un fragment de tissu avec décor, découvert sur un individu inhumé en sarcophage au XIIIe ou XIVe siècle. © Denis Gliksman, Inrap

Les 79 sépultures exhumées sur cinq niveaux s’échelonnent de la période mérovingienne au début de la période moderne (VIe au XVe siècle). Les modes d’inhumation sont variés : cercueils en bois, sarcophages et tombes maçonnées en plâtre, inhumations en pleine terre. Quelle que soit la période, le mobilier funéraire est rare, hormis de nombreux pots à encens. La conservation des corps est très variable, mais des morceaux de tissus, dont certains de bonne taille  ont été découverts dans des sépultures des XIIIe et XIVe siècles.
Les inhumations à l’intérieur de l’église Saint Pierre et Saint Paul participaient des traditions d’enfouissement dans les lieux sacrés. Les places les plus près du chœur étaient les plus recherchées mais aussi les plus chères. Et malgré les tentatives d’interdiction réitérées par l’Église pour des raisons de salubrité, ce type d’inhumations engendrait des revenus particulièrement importants pour la paroisse, aussi n’ont-elles cessé durant dix siècles.
La présence de tombes mérovingiennes perturbées par l’aménagement du déambulatoire de l’église gothique met en évidence la pérennité de l’utilisation de ce secteur de la ville comme nécropole, sans que l’on sache encore si les tombes étaient disposées à l’intérieur ou à l’extérieur d’un sanctuaire.
L’étude anthropologique permettra d’appréhender l’évolution des rites funéraires et l’état sanitaire de la population, ainsi que d’établir des comparaisons avec ceux des nécropoles voisines.

Les indices d’une occupation antique

Des céramiques et des enduits peints antiques ont été mis au jour, sans qu’il soit encore possible de les rattacher à une fonction précise.

Panneaux décorés de deux sarcophages mérovingiens (partie est du chœur). © Denis Gliksman, Inrap

 

Pour en savoir plus, vous pouvez voir cette vidéo : visite du site avec Nathalie Karst, archéologue responsable.

 

Source : Inrap.fr

 

fév
17

Les arts de guerre et de grâce

Les arts de guerre et de grâce (XIVe – XVIIIe siècles)
De la codification du mouvement à sa restitution : hypothèses, expérimentations et limites
(21-22 mai 2012 – COLLOQUE À L’UNIVERSITÉ CHARLES DE GAULLE LILLE 3 )

La codification des savoirs gestuels composant les arts de guerre et de grâce remonte à l’Antiquité. C’est avec le Moyen Âge tardif que la transmission écrite – ou plutôt l’inscription – des arts s’élabore de manière analytique au travers d’une production manuscrite, mais c’est avec la Renaissance et l’imprimerie qu’elle s’élargit et se complexifie entre illustration descriptive et synthèse schématique. Il faut toutefois attendre l’orée du XVIIIème siècle pour trouver une forme de systématisation publiée des notations permettant la codification et la restitution des mouvements. L’étude des arts du combat, de l’équitation et de la danse réunit les chercheurs soucieux de valoriser le patrimoine gestuel de l’Occident par la typologie de leurs sources et la méthode, en particulier l’expérimentation gestuelle.

Même à travers une analyse rigoureuse des sources, il s’avère que les informations permettant une restitution des mouvements et des gestes sont lacunaires. L’expérimentation, dans ce contexte, est donc avant tout un moyen pour le chercheur de tester, valider ou infirmer les postulats de travail ou les hypothèses. Cette démarche expérimentale pose un certain nombre de difficultés qu’il conviendra d’évoquer : l’écart entre réappropriation objective et interprétation subjective, distance entre les corporalités, aspect psychologique, fonction de l’intelligence kinesthésique (proprioception), etc.

Ce colloque s’axera autour des trois problématiques suivantes :

  •  La codification d’un savoir gestuel : réflexions sur l’usage des médias dans un processus d’inscription ou de diffusion des arts, qui usuellement passe par l’imitation (démonstration, imitation, correction).
  • La dimension sociale et culturelle de la réception des ouvrages codifiant les mouvements : discussion de l’influence des ouvrages sur l’évolution des arts de cour, de la représentativité des gestes codifiés et de leurs domaines d’implication et d’application.
  • L’épistémologie de la restitution ou de la réappropriation des mouvements : mise en question des méthodologies pour l’étude des sources codifiant les gestes.

Les arts de la guerre et de la grâce sont envisagés en regard durant ce colloque parce qu’ils dépendent tous deux de processus de recherches similaires— ce qui favorisera les dialogues interdisciplinaires tout en mettant en relief les spécificités de chaque champ. Le passage de l’étude de la codification à la restitution du geste permettra par exemple de confronter les approches et les méthodes. Ce rassemblement prolonge la journée d’études précédente tenue à Lille en décembre 2010 « Archéologie expérimentale et histoire de la guerre : un état des lieux » en élargissant le spectre thématique et temporel.

fév
13

Manuscrits hébreux de la British Library

La British Library possède l’une des plus importantes collections de manuscrits hébreux, dont environ 300 sont décorés. Tous ces manuscrits enluminés sont disponibles dans le catalogue en ligne de la British Library. Ces manuscrits proviennent de toute l’Europe : Espagne, France, Allemagne, Italie, Portugal…). Tous sont antérieurs à 1500.
Dès le 13e siècle, les livres juifs ont été examinés par les docteurs et censeurs chrétiens afin d’éliminer les passages qui étaient considérés comme blasphématoires. La première liste officielle de livres hébreux interdits (Index librorum autorum et prohibitorum) a été publiée en 1559, mais la destruction de certains ouvrages avait commencé beaucoup plus tôt. Les juifs, en général convertis de force au christianisme, ont souvent été assignés à corriger eux-mêmes les livres en hébreux et à mettre en œuvre les restrictions décidées par les chrétiens.

Pentateuque du duc de Sussex, Allemagne, 14e siècle. Initiale ornée, encadrée par un ours et une licorne..

 

Jacob ben Asher, Arbaah Turim (Les quatre piliers), Italie, 1475. Frontispice du Premier Pilier.

Haggadah dorée, Catalogne, 14e siècle.

Pleine page représentant l'Arche de Noé, avec le corbeau posé sur l'arche et la colombe de retour avec un rameau d'olivier dans son bec, France, XIVe siècle

Haggadah de Barcelone, vers 1340, miniature représentant une famille à la table du Séder. Le maître de maison place la corbeille de pain non levé et la tend à l'un de ses enfants.

 

Pentateuque de Cobourg, 1390-1396, Miniature d'un homme assis sur un banc et tenant un rouleau, l'homme est escorté par un chien, un dragon et un lion.

Tables astronomiques, France ou Espagne, 15e siècle

Source : British Library, medieval & earlier manuscripts blog

 

 

 

fév
12

Recherche sur le catharisme

Nous relayons une information concernant la création du CIRCAED, ou Collectif International de Recherche sur le Catharisme Et les Dissidences (association 1901) destinée à stimuler et relancer l’étude des non-conformismes à travers l’Histoire – à partir du modèle des hérétiques médiévaux -, et d’approfondir une réflexion pluridisciplinaire sur le phénomène historique de la dissidence.
Fondée à l’appel de Pilar Jimenez et d’Anne Brenon, les deux anciennes directrices scientifiques du CEC (et qui ont déjà publié plusieurs articles dans notre revue), et soutenue déjà par un certain nombre de laboratoires de recherche européens, l’Association a pour vocation de regrouper les principaux spécialistes internationaux travaillant sur ces thèmes – en un collectif
vivant, ouvert et cordial, capable de fédérer belles études et bonnes volontés.
La thématique cathare, et plus largement celle de la dissidence historique, jouit en effet aujourd’hui, dans le monde de la recherche, de la meilleure santé. En témoigne, après des décennies de débats et controverses qui se sont avérés constructifs, le renouveau d’intérêt manifesté par un certain nombre de jeunes chercheurs, explorant résolument de nouvelles pistes. Le propos du CIRCAED est fondé sur la bonne volonté la plus ouverte de dépasser clivages et malentendus historiographiques pouvant obscurcir le sain débat critique, et sur le voeu de rendre au chantier sa place et sa légitimité au sein de la communauté scientifique française et internationale, comme auprès du public concerné.

Le premier événement organisé par le CIRCAED sera, en partenariat avec l’Association de Développement du Patrimoine Mazamétain, un colloque international sur le thème de « La dissidence sous tous ses états » (Mazamet, 15-16 septembre 2012).

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